
Raymond Queneau (il n'était pas le seul) regardait Rue des maléfices comme "le plus grand livre jamais écrit sur Paris". Un livre qui l'empêchait de dormir, car les histoires " vraies " que l'ami Yonnet, connaisseur des plus sombres venelles de la rive Gauche, raconte dans ces pages (photos de Doisneau à l'appui) ne sont pas de tout repos.
Armé de tout son savoir, le voici vous contant les secrets des rues à légendes. On y rencontre bien sûr de drôles de types, généralement attachants, et qui savent bien souvent des choses que tout le monde ignore. Ceux qui composent l'" humanité mouffetardière " par exemple, mais aussi la fine fleur de la bohème, les biffins, les gitans, les chiffonniers. Entre cent autres, voici le dormeur du Pont-au-Double ; voici Danse-Toujours, contraint à l'exil par la force des choses ; voici Mina, qui recueille des chats errants et les élève dans une cabane en planches du côté de Gentilly ; voici Baptiste, qui annonce l'auto-extermination de l'humanité et la conquête du monde par les chevaux, rien de moins.
Jacques Yonnet entendait proposer " une sorte d'initiation aux courants mystérieux qui font palpiter la ville dans ses veines les plus secrètes. " On peut dire que c'est réussi : pratiques nourries aux sources du démonisme, exorcismes, apparitions, prémonitions... C'est parfois tellement fou que l'on se demande si c'est Yonnet lui-même qui débloque.
Pour finir un commentaire éclairé : " Parmi les livres à commander avant le Paradis : Rue des maléfices de Jacques Yonnet. " - RAPHAËL SORIN
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